En passant

Tu crèches où?

Qu’on le veuille ou non, qu’on y croit ou non, à Noël, tout commence et tout s’achève dans la crèche. Alors, on va démarrer par là.

(J’en entends déjà couiner, alors soyons clairs: on va parler un tout petit peu religion, mais pas seulement. N’oublions pas que Noël est une fête à la fois chrétienne et païenne.)

Dans beaucoup de familles, faire la crèche est une étape importante des préparatifs de Noël. Chez nous, c’est traditionnel: au premier dimanche de l’Avent, branle-bas de combat! Les santons défilent au garde-à-vous sur le buffet de la salle-à-manger avant de trouver leur place pour attendre qu’un bambin de plâtre apparaisse dans la mangeoire.

Certaines personnes athées ou non chrétiennes cèdent également à ce rituel, « parce que ça fait partie de l’esprit de Noël », ai-je entendu un jour. Ça m’a turlupiné un temps: je n’étais pas bien sûre de comprendre. Et puis j’ai repensé à ce que nous avait expliqué une de nos connaissances.

Cette dame créait entièrement sa crèche chaque année. Et chaque année, l’enfant de plâtre apparaissait dans une région du monde différente: une année c’était un bidonville de Calcutta, une autre un village du Rwanda, ou bien une favela brésilienne. Le choix du lieu résultait de cette seule interrogation: où naîtrait donc le Christ aujourd’hui?

Se poser cette question, c’est donc en dérouler beaucoup d’autres: qui sont les plus humbles et les plus fragiles? Où sont-ils? Comment les accueillir et les aider? Je crois que ce n’est qu’à partir de là qu’on réussit à s’éloigner du folklore pour toucher à la véritable nature de cette fête de Noël.

Cette année, le défilé des santons aura bien lieu sur le buffet de la salle-à-manger. Mais j’essaierai aussi de porter une autre crèche, en moi cette fois, une crèche qui – finalement – n’a pas de religion.

A demain,

Hélène.