En passant

J’ai vu

J’ai vu la plaie béante du soleil dans le ciel de Paris,

J’ai vu un manteau pourpre s’étendre sur nos vies,

J’ai vu des doigts crasseux caresser un clavier, et une bouche vide chanter la Géorgie,

J’ai vu la clameur de centaines d’yeux monter jusqu’à la nuit,

J’ai vu notre mémoire mêler hier et aujourd’hui.

 

J’ai vu et j’ai vécu.

 

Le rire des feuilles qui tombent,

Le souffle de la Seine,

Le soupir de la rue.

 

A bientôt,

Hélène.

Galerie

Dans les nuages

Aujourd’hui je vous invite à m’accompagner pour un long voyage, en un lieu dont on ne sait pas vraiment s’il est de notre monde ou d’ailleurs, une frontière ténue qui ourle de fantaisie notre réalité. Je veux parler du monde des nuées, si proche de celui des rêves.

Nous ne cessons jamais de nous plaindre qu’ils sont trop nombreux: « Ôte toi de mon soleil! » Et nous oublions de les regarder.

Insaisissables et imprévisibles, ils forment pourtant la plus belle galerie d’art qu’on puisse constituer: un art éphémère fait d’ombre et de lumière qui révèle à chacun les reliefs de son monde intérieur. Là est la magie: contempler les nuages, c’est se trouver face à son âme, délivrée des contingences de la vie.

Cette après-midi, je me suis assise à ma fenêtre quelques minutes. L’orage se préparait. Je n’étais plus au monde. J’étais.

Je vous souhaite beaucoup de nuages. A demain,

Hélène.