En passant

J’ai vu

J’ai vu la plaie béante du soleil dans le ciel de Paris,

J’ai vu un manteau pourpre s’étendre sur nos vies,

J’ai vu des doigts crasseux caresser un clavier, et une bouche vide chanter la Géorgie,

J’ai vu la clameur de centaines d’yeux monter jusqu’à la nuit,

J’ai vu notre mémoire mêler hier et aujourd’hui.

 

J’ai vu et j’ai vécu.

 

Le rire des feuilles qui tombent,

Le souffle de la Seine,

Le soupir de la rue.

 

A bientôt,

Hélène.

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En passant

Réseaux

Retourner au travail, cela signifie renouer avec la normalité et l’acceptation sociale (du moins quand, comme moi, on est jeune, en pleine possession de ses moyens physiques et mentaux, et sans obligation familiale). Cela signifie aussi, « étendre son réseaux », expression que l’on ne cesse de me répéter depuis plusieurs mois.

Comme n’importe qui, j’ai su me construire au cours des ans un ensemble de relations familiales et amicales. Cela relève du bon sens et des bonnes mœurs: être polie, vivante, agréable…

Mais dès lors que l’on touche aux relations professionnelles, la question se corse par le fait que l’on est généralement moins libre de parole et d’action avec un collègue qu’avec un ami de longue date.

Parfois, les choses ne semblent pourtant pas si compliquées: depuis trois jours j’ai en effet découvert que

  • mon directeur général est le père d’une camarade de promo qui elle-même effectue une vacation à quelques dizaines de mètres de moi,
  • l’un de mes collègues est le fils de la responsable du service des archives et de la documentation de ma commune de résidence,
  • une autre de mes collègues est sur le point de devenir le chef d’une autre camarade de promo (autre camarade et autre promo),
  • une troisième camarade de promo (troisième camarade, troisième promo) a été vacataire dans le même service que moi,
  • et ainsi de suite.

Tout cela, grâce à deux repas conviviaux, car, comme chacun sait, les archivistes sont de grands banqueteurs… Alors, banquetons!

A demain,

Hélène.

En passant

And the winner is…

Encore une journée à tourbillonner… Une matinée de formation, un entretien professionnel, un goûter avec des amis: la trilogie parfaite!

Le bus avait décidé d’être en retard. L’objectif de la séance du jour était ardu. Mais j’ai appris que je pouvais éveiller une émotion chez de parfaits inconnus en moins de 5 minutes.

Le bus avait décidé d’être en retard. A nouveau. Puis le train avait choisi de prendre quelques heures de congé. Deux agités musicaux avaient par ailleurs envahi le RER. Mais j’ai rencontré des personnes qui ont accepté de me donner ma chance, durant 3 mois.

« C’est pas le Pérou, mais on atteint presque le Guatemala! » (H. P.)

Le métro n’était pas en retard!

Et pour finir, pause goûter-papote bien méritée en période de rédaction de thèse avec les amoureux (non pas avec un Z, mais avec un L pour Lionel et un H pour « Hanterelle »…) de l’an de Grâce 2014.

Encore une journée à tourbillonner… J’en aurais presque le tournis. Mais quelle légèreté: vivement demain!

Avec vous j’espère!

Hélène.

En passant

Solidarité

Ce qu’il y a de bien dans la recherche d’emploi, c’est qu’on est amené à rencontrer des personnes de tous âges et de tous horizons. De fil en aiguille, on en vient à partager nos expériences et à découvrir des domaines d’activité jusqu’alors insoupçonnés.

Ce matin, c’était atelier « Prise de parole et gestion du trac » (Tout un programme…).

Nous sommes neuf, parfaitement inconnus à 9h et déjà plus loquaces à 12h30: cinq hommes, quatre femmes, de 24 à 44 ans. Plus Michel, 73 ans, retraité encore vert et animateur du groupe.

Tour de table.

E. a 24 ans, il recherche un premier emploi. Son stylo vole, ses pieds trépignent, sa voix se fait sourde. L’envie de créer son entreprise, et une sorte de résignation, déjà…

So. est plus posé, plus âgé aussi. Il vient de Côte d’Ivoire où il possédait son entreprise. Il y a deux ans, il a tout abandonné pour la France. On ne saura pas pourquoi.

Sa. se fend d’un sourire qui ne le quittera pas de la séance. Il a 31 ans, mais on lui en donnerait 45. Il est chrétien… et Irakien. Bardé de diplômes. Français impeccable. Visiblement, il a fait un passage par l’Angleterre avant atterrir en France. Il continue de sourire et balaye les derniers mois d’un revers de main.

I. est la doyenne. Elle est dynamique, et sure d’elle. On se demande presque en quoi cet atelier pourrait lui être utile. Une jeunesse à courir les compétitions de patinage artistique. Une carrière fulgurante dans le domaine des assurances. Une pause pour s’occuper de ses enfants. Et puis… elle passe sa main droite sur son annulaire dénudé, et se tait.

Z. arrive en retard, et essoufflée. La crèche, l’école: rien ne s’est passé comme prévu ce matin. Elle a la silhouette d’Inès de la Fressange, un accent venu des bords de la Vistule et un doudou dans les mains. Elle en rit… et se jette sur une tasse de café.

Nous sommes neuf histoires, neuf espoirs.

A demain,

Hélène.